La valeur des traditions
 Lucien Boyer, dernier sonneur de cloches
A 84 ans, ce Guillaumois peut lui aussi se prévaloir légitimement du surnom local d'«Orgueilleux ». Conseiller municipal durant 24 ans, on l'appelle encore aujourd'hui le Maire de Bouchanière ou « Bouche à puces » (un des hameaux qui gravitent autour de Guillaumes). Mais surtout, Lucien Boyer dit « Flori » (Surnom donné pour dissocier les personnes portant le même nom au cadastre. Flori étant le diminutif du nom de son père Florentin) est le dernier sonneur de cloches encore en activité sur la commune. « Un art bien maîtrisé à qui possède de l'oreille » explique ce spécialiste qui nous donne son interprétation des trois coups du Glas : « premier coup : Tu es mort... ; deuxième coup :... tu t'en vas... ; troisième coup :... et moi je reste ».
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 Lous agnocous des Tartavels
Les Péoniens étaient surnommés les « Tartavels » par les habitants des communes voisines pour rendre hommage à leur sens de l'hospitalité. Ce sont des gens qui aiment et savent faire la fête. Et ce trait de caractère est illustré chaque année à l'occasion de la fête patronale. A travers ce rendez-vous, c'est la tradition culinaire des "agnocous" se perpétue. Repas de fête préparé chaque année lors de la St Vincent célébrée le dernier week-end d'août, cette recette sans pomme de terre constituait le plat quotidien des anciens, explique Ernest Lucarini. « Les anciens ne se nourrissaient presque que de cette spécialité à base de farine et à ne pas confondre avec Lous Gnocs. Ce plat d'été, préparé le midi par la maîtresse de maison ,permettait d'être vite de retour aux champs. Le soir, s'il restait des agnocous de midi, on les faisait rôtir à la poêle jusqu'à ce qu'ils soient dorés pour les manger bien croustillants.
Lou pastou est préparée dans lou gavéoun mais pour obtenir des agnoucous dignes d'un péonien, la maîtrise du patois ne suffit pas, il faut une certaine expérience pour répercuter le geste ancestral ». Enfant du pays réfugié à Péone alors qu'il était prisonnier des Allemands en 1941, Ernest Lucarini a hérité du savoir-faire de sa grandmère, Scolastique Bellieud. En 1943, il reprend le Bar Table d'Hôtes du village puis l'Hôtel du Col de Crous situé sur la rive gauche du Tuébi. S'en suivront 52 ans de commerce à une époque où Péone comptait trois épiciers et un boulanger pâtissier. Pour l'anecdote, Ernest raconte avoir reçu dans son établissement le neveu de Churchill en vacances.
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